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Location saisonnière : ce que vous devez déclarer aux impôts

Louer son logement ou une résidence secondaire sur Airbnb, Abritel ou Booking génère des revenus imposables. Les règles fiscales dépendent du montant encaissé et du type de location — une distinction souvent mal connue des propriétaires.

Meublé de tourisme classé ou non classé : deux régimes différents

La première distinction à faire est celle entre meublé de tourisme classé (étoile attribuée par un organisme agréé) et non classé. Cette distinction impacte directement le seuil d'application du régime micro-BIC et le taux d'abattement applicable.

77 700 € seuil micro-BIC non classé
50 % abattement non classé
188 700 € seuil micro-BIC classé
71 % abattement classé

Concrètement : pour un meublé non classé, si vos recettes annuelles ne dépassent pas 77 700 €, vous pouvez opter pour le régime micro-BIC avec un abattement forfaitaire de 50 % sur les revenus bruts. Pour un meublé classé, le seuil monte à 188 700 € et l'abattement à 71 %. Au-delà, ou sur option, s'applique le régime réel, qui permet de déduire les charges réelles (travaux, amortissement, intérêts d'emprunt…).

Bon à savoir Depuis 2024, la loi Le Meur a modifié les seuils et abattements pour les meublés non classés, les alignant sur la location nue (abattement 30 %). Les meublés classés conservent le régime favorable. Vérifiez votre statut avant de déclarer.

Déclaration : où reporter les revenus ?

Les revenus de location meublée (y compris saisonnière) relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), pas des revenus fonciers. Ils se déclarent sur le formulaire 2042-C Pro (micro-BIC) ou via la liasse fiscale 2031 (régime réel). Ce point est fréquemment source d'erreur : reporter ces revenus en case foncière est incorrect et peut entraîner un redressement.

La plateforme de location (Airbnb, Abritel…) transmet automatiquement à la DGFiP le montant des revenus versés aux hôtes depuis 2020. L'administration fiscale peut donc croiser les données.

Cotisations sociales : à ne pas oublier

Si vos revenus de location meublée dépassent 23 000 €/an et représentent plus de 50 % de vos revenus globaux, vous relevez du statut de loueur en meublé professionnel (LMP) et devez payer des cotisations sociales (SSI). En dessous, vous êtes loueur non professionnel (LMNP) et les revenus supportent uniquement les prélèvements sociaux (17,2 %).

Attention La location de votre résidence principale (la pièce où vous habitez habituellement) bénéficie d'une exonération jusqu'à 760 €/an. Au-delà, les revenus sont imposables dans les mêmes conditions.

Taxe de séjour et obligations déclaratives locales

En parallèle de la fiscalité nationale, de nombreuses communes imposent une taxe de séjour collectée par les plateformes. Certaines villes (Paris, Lyon, Bordeaux…) imposent également une autorisation préalable de changement d'usage pour louer plus de 120 jours par an, sous peine d'amende (jusqu'à 50 000 €). Un numéro d'enregistrement peut être requis.

Ce qu'il faut retenir

  • Les revenus de location saisonnière sont des BIC, pas des revenus fonciers — formulaire 2042-C Pro
  • Meublé non classé : abattement 50 % sous 77 700 €/an ; classé : 71 % sous 188 700 €
  • Les plateformes transmettent vos revenus à la DGFiP automatiquement
  • Au-delà de 120 jours/an dans certaines villes, une autorisation est nécessaire
  • LMNP : prélèvements sociaux 17,2 % ; LMP (>23 000 €) : cotisations sociales SSI

Données indicatives basées sur la législation fiscale en vigueur en 2026. Les seuils micro-BIC sont actualisés chaque année. Pour une déclaration précise : impots.gouv.fr. Source : Le Monde — Économie.

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Questions fréquentes

Dois-je déclarer les revenus Airbnb aux impôts ?

Oui, tous les revenus de location saisonnière sont imposables, sans exception. Les plateformes comme Airbnb transmettent automatiquement à la DGFiP le montant versé aux hôtes. Ces revenus sont à déclarer en BIC (bénéfices industriels et commerciaux) sur le formulaire 2042-C Pro, et non en revenus fonciers.

Quel est le plafond pour ne pas payer d'impôts sur la location saisonnière ?

Il n'existe pas de plafond d'exonération générale. Seule la location d'une pièce de votre résidence principale est exonérée jusqu'à 760 €/an. Pour les autres cas, tous les revenus sont imposables — mais l'abattement de 50 % (ou 71 % pour les classés) réduit significativement la base imposable en micro-BIC.

Quelle différence entre LMNP et LMP pour la location saisonnière ?

Le LMNP (loueur non professionnel) s'applique si vos revenus meublés sont inférieurs à 23 000 €/an ou représentent moins de 50 % de vos revenus globaux. Vous payez alors 17,2 % de prélèvements sociaux. Au-delà, vous basculez en LMP et devez cotiser au SSI (Sécurité sociale des indépendants), ce qui peut être plus coûteux mais ouvre des droits supplémentaires.

Peut-on louer son logement plus de 120 jours par an sur Airbnb ?

Dans de nombreuses grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux, Nice…), la location de la résidence principale est limitée à 120 nuits par an. Au-delà, il faut une autorisation de changement d'usage, souvent difficile à obtenir. Les résidences secondaires ne sont pas soumises à cette limite de 120 jours mais nécessitent un numéro d'enregistrement dans certaines communes.

Comment fonctionne le régime réel pour la location meublée ?

Au régime réel, vous déduisez les charges réelles : intérêts d'emprunt, taxe foncière, travaux, assurances, frais de gestion et surtout l'amortissement du bien et du mobilier. Cela permet souvent de ramener le bénéfice imposable à zéro ou proche de zéro. Ce régime nécessite une comptabilité et la déclaration 2031 — un expert-comptable est recommandé.


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