Assurance-chômage : pas de revalorisation cette année, malgré l'inflation
Le conseil d'administration de l'Unédic n'est pas parvenu à trouver un accord pour revaloriser les allocations chômage. Pour 2,4 millions de bénéficiaires de l'ARE, cela signifie un maintien du montant mensuel malgré une inflation cumulée de 3 % sur un an. Décryptage.
Ce qui s'est passé
Le 30 juin 2026, le conseil d'administration de l'Unédic (organisme paritaire qui gère l'assurance-chômage) devait voter la revalorisation annuelle des allocations. Habituellement effective le 1er juillet, cette revalorisation ajuste les montants versés à l'inflation observée. Cette année, aucune majorité n'a été dégagée : les partenaires sociaux n'ont pas réussi à s'entendre sur le taux à appliquer.
Pourquoi le blocage
Le patronat (Medef, CPME, U2P) refuse une revalorisation trop généreuse en invoquant :
- La dette de l'Unédic qui reste conséquente (~55 milliards €)
- Le durcissement possible des règles d'indemnisation envisagé par le gouvernement
- Un contexte budgétaire de l'État qui pèse sur les décisions paritaires
Les syndicats (CFDT, CGT, FO) demandaient une revalorisation au moins alignée sur l'inflation. Faute d'accord, le taux reste bloqué à zéro.
Combien de perte, concrètement ?
- Allocation moyenne à 1 200 €/mois : sans revalorisation, perte de pouvoir d'achat de 36 €/mois (3 % d'inflation × 1 200 €) — soit 432 € sur 12 mois
- Allocation plafond à 8 500 €/mois (cadres) : perte théorique de 255 €/mois — mais peu concernés à ce niveau
- Allocation minimale à 900 €/mois : perte de 27 €/mois — plus douloureuse au quotidien
Quels sont les recours ?
Pour les allocataires, aucun recours individuel n'est possible : la revalorisation dépend d'une décision collective à l'Unédic. Cependant :
- Vérifier son SJR (Salaire Journalier de Référence) via l'espace personnel France Travail. Une erreur dans le SJR peut provoquer un manque à gagner supérieur à la revalorisation manquée
- Cumul emploi-chômage : reprendre un CDD ou une mission courte peut être plus rentable qu'une simple ARE (règle de cumul jusqu'à 15 mois d'indemnisation)
- Formation rémunérée : basculer sur l'AREF (Aide au Retour à l'Emploi Formation) maintient l'allocation et permet de se qualifier
- Prime d'activité : si l'allocation est complétée par une activité réduite, la prime d'activité peut compléter le revenu jusqu'à environ 200 €/mois
Et l'ASS ?
L'Allocation de Solidarité Spécifique (ASS), qui prend le relais quand les droits ARE sont épuisés, est indépendante de l'Unédic — elle est fixée par décret. Elle reste actuellement à 18,17 €/jour (soit ~545 €/mois). Aucune revalorisation prévue non plus à court terme.
Ce qu'il faut retenir
- Non-revalorisation de l'ARE au 1er juillet 2026, blocage entre patronat et syndicats
- Perte de pouvoir d'achat estimée 30 à 50 €/mois pour l'allocataire moyen
- Aucun recours individuel possible — décision collective Unédic
- Vérifier son SJR sur France Travail, envisager cumul emploi-chômage, AREF ou prime d'activité
Article informatif. Pour ton cas personnel, contacter France Travail ou utiliser notre simulateur ARE. Voir aussi la prime d'activité en cas de reprise partielle. Source : Le Monde, juillet 2026.
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