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Faillites de commerces : la vague qui vide les centres-villes

Près de 69 000 défaillances d'entreprises ont été enregistrées en France en 2025, du jamais-vu depuis la crise de 2009. Les commerces de centre-ville sont en première ligne, pris en étau entre la hausse des charges, la concurrence du e-commerce et la baisse du pouvoir d'achat des consommateurs.

Quels secteurs sont les plus touchés ?

La restauration concentre le plus grand nombre de défaillances (environ 15 % du total), suivie du commerce de détail non alimentaire (prêt-à-porter, décoration, librairies) et du BTP. Les coiffeurs, boulangers et petits commerces alimentaires résistent mieux, portés par l'attractivité de la proximité.

La structure de coûts des petits commerces explique en grande partie leur fragilité : loyer commercial (souvent indexé sur l'indice des loyers commerciaux, +3,8 % en 2025), charges salariales, électricité et approvisionnement ont tous progressé plus vite que le chiffre d'affaires.

69 000défaillances en 2025
+15 %hausse vs 2024
1 sur 3boutiques vides dans certains centres

Quelles procédures en cas de difficultés ?

Un entrepreneur en difficulté dispose de plusieurs outils légaux, dans un ordre croissant de gravité :

  • La conciliation : procédure confidentielle pour négocier avec les créanciers avant la cessation de paiement. Accessible dès les premières difficultés.
  • La sauvegarde : ouverte à l'entreprise non encore en cessation de paiement ; permet de geler les dettes et d'établir un plan de remboursement sur 10 ans.
  • Le redressement judiciaire : déclenché après la cessation de paiements ; un administrateur judiciaire est nommé. Plan de continuation ou cession possible.
  • La liquidation judiciaire : dissolution et vente des actifs lorsque le redressement est impossible.
CIP : le Conseiller en Insolvabilité des Procédures Les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) proposent un entretien confidentiel gratuit avec un conseiller spécialisé. À solliciter dès les premiers signes de tension de trésorerie — la confidentialité est totale, sans obligation de déclencher une procédure.

Que deviennent les dirigeants après une liquidation ?

La liquidation ne signifie pas la fin de toute activité. Les dirigeants non fautifs peuvent :

  • S'inscrire à France Travail et percevoir l'ARE (Aide au Retour à l'Emploi) s'ils relevaient du régime général — les gérants majoritaires de SARL relevant du TNS n'y ont en revanche généralement pas droit.
  • Créer une nouvelle entreprise immédiatement (sauf interdiction de gérer prononcée par le tribunal).
  • Bénéficier des dispositifs d'accompagnement à la création (ACRE, ARCE pour les demandeurs d'emploi).

Notre simulateur ARE permet d'estimer les droits au chômage selon l'ancienneté et le salaire.

Quelles aides pour les commerces en difficulté ?

Plusieurs dispositifs existent avant d'en arriver à la liquidation : étalement de dettes auprès de l'URSSAF (plan d'apurement), fonds de garantie BPI France, prêts rebond régionaux. Le dispositif SOS Faillite de certaines CCI propose un audit rapide et une mise en relation avec des repreneurs potentiels.

Exemple chiffré Un auto-entrepreneur en restauration réalisant 40 000 €/an de CA avec 35 000 € de charges fixes (loyer 1 500 €/mois, approvisionnement, etc.) ne dégage qu'une marge de 5 000 €/an avant impôts. Une baisse de 15 % du CA suffit à le mettre en déficit. Notre simulateur auto-entrepreneur aide à anticiper les seuils de rentabilité.

Ce qu'il faut retenir

  • 69 000 défaillances en 2025 : restauration, commerce de détail et BTP sont les plus exposés
  • 4 procédures progressives : conciliation, sauvegarde, redressement, liquidation
  • Saisir la CCI dès les premiers signaux : entretien confidentiel et gratuit
  • Après liquidation : possibilité de s'inscrire à France Travail et de rebondir rapidement
  • Aides préventives : étalement URSSAF, BPI France, prêts rebond régionaux

Données basées sur les chiffres Altares 2025 et les textes légaux en vigueur (Livre VI du Code de commerce). Source : Le Monde — Économie. Pour un accompagnement : cci.fr ou impots.gouv.fr.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une défaillance d'entreprise ?

Une défaillance d'entreprise correspond à l'ouverture d'une procédure collective par un tribunal de commerce : redressement judiciaire ou liquidation judiciaire. Elle est déclenchée par la constatation d'une cessation de paiements (incapacité à faire face aux dettes exigibles avec l'actif disponible). Attention : une défaillance n'est pas forcément synonyme de liquidation — certaines entreprises rebondissent via un plan de redressement.

Un auto-entrepreneur peut-il faire faillite ?

En principe, non : l'auto-entrepreneur (micro-entrepreneur) ne relève pas des procédures collectives car il ne tient pas de comptabilité au sens du Code de commerce. En cas d'impossibilité de payer ses dettes, il peut recourir au rétablissement personnel (procédure de surendettement pour les particuliers) ou simplement cesser son activité. En revanche, les EIRL et EURL peuvent être soumis aux procédures collectives. Notre simulateur aide à anticiper les charges réelles.

Un dirigeant peut-il toucher le chômage après une liquidation ?

Cela dépend du statut. Un salarié (gérant minoritaire de SARL, PDG de SAS) peut s'inscrire à France Travail et percevoir l'ARE comme tout salarié. En revanche, un gérant majoritaire de SARL ou un entrepreneur individuel relevant du régime TNS (travailleur non salarié) ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a généralement pas droit. Une assurance chômage volontaire privée (GSC, Appi) peut partiellement compenser. Simulez vos droits sur notre calculateur ARE.

Qu'est-ce que la procédure de sauvegarde ?

La sauvegarde est une procédure judiciaire préventive, ouverte avant la cessation de paiements. Elle permet à l'entreprise de négocier avec ses créanciers sous la protection du tribunal tout en continuant son activité. Un administrateur judiciaire aide à établir un plan de sauvegarde pouvant étaler les dettes sur 10 ans. C'est souvent la meilleure option car elle préserve l'image de l'entreprise et donne du temps pour se restructurer. La démarche reste confidentielle au stade initial.

Comment anticiper les difficultés financières d'un commerce ?

Plusieurs indicateurs d'alerte précoce : tension de trésorerie récurrente, délais fournisseurs allongés, baisse du chiffre d'affaires sur 3 mois consécutifs, retards URSSAF. La CCI (Chambre de Commerce) propose des diagnostics gratuits et confidentiels. Les outils de simulation disponibles sur ce site permettent aussi d'anticiper : simulation de charges auto-entrepreneur, charges patronales pour jauger le coût d'un salarié. Agir tôt, avant la cessation de paiements, laisse beaucoup plus d'options.


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