Arnaques par deepfake : quand les escrocs utilisent les visages connus pour piéger les épargnants
En mai 2026, l'AMF (Autorité des marchés financiers) tire à nouveau la sonnette d'alarme : des vidéos générées par intelligence artificielle utilisent l'image et la voix de personnalités connues — récemment celle d'Émilien, ancien champion des « 12 Coups de midi » sur TF1 — pour promouvoir de faux placements financiers. Décryptage et conseils pour ne pas tomber dans le piège.
Comment fonctionne l'arnaque
Le scénario type tient en quelques étapes très rodées :
- Une vidéo sur les réseaux : Facebook, TikTok, Instagram. Un visage connu vante un placement « accessible à tous » avec des rendements de 10 à 30 % par mois.
- Un site web professionnel : design soigné, faux témoignages, faux logos d'institutions (Banque de France, AMF, journaux nationaux).
- Premier dépôt « petit » : 250 € pour « commencer ». Le tableau de bord affiche rapidement des gains fictifs pour donner confiance.
- Demande d'augmentation : on vous appelle, on vous flatte, on vous pousse à investir plus. Souvent en virement vers un compte étranger ou en cryptomonnaies.
- Blocage des retraits : pour récupérer vos gains, il faut payer des « frais de déblocage » ou des « taxes ». L'arnaque ne s'arrête qu'au signalement aux autorités.
Les signaux à reconnaître absolument
- Promesse de rendement garanti et élevé : 5 % par mois, 30 % par an. Aucun placement légal ne garantit cela en 2026.
- Personnalité « caution » : célébrité, entrepreneur connu, ancien banquier. La présence d'un visage rassurant n'a aucune valeur juridique.
- Pression temporelle : « offre limitée », « places restantes », rappels téléphoniques insistants.
- Méthode de paiement inhabituelle : virement vers un IBAN étranger, conversion en cryptos, cartes prépayées.
- Absence de mentions légales : pas de numéro ORIAS, pas de SIREN vérifiable, pas d'adresse physique en France.
Comment vérifier un placement avant d'investir
Quatre réflexes pour se protéger en quelques minutes :
- Vérifier l'agrément AMF : un placement légal est référencé sur amf-france.org dans la base GECO (gestion collective) ou auprès de l'ORIAS pour les intermédiaires.
- Consulter la liste noire : l'AMF publie chaque mois la liste des sites et entités illégaux qui démarchent en France. amf-france.org/fr/listes-noires
- Chercher des avis sur Trustpilot, forums spécialisés (CBanque, Boursorama Café). Les arnaques laissent souvent une trace.
- Demander à votre banque avant tout virement de plus de 1 000 €. Les conseillers connaissent les schémas d'arnaque courants et peuvent vous alerter.
Que faire si vous avez été victime
- Contacter immédiatement votre banque pour tenter d'annuler le virement (rappel possible sous 13 mois pour les virements SEPA non autorisés)
- Signaler à la plateforme PHAROS : internet-signalement.gouv.fr
- Porter plainte au commissariat ou en gendarmerie
- Signaler à l'AMF via son espace épargnants
- Ne payez jamais les « frais de déblocage » réclamés — c'est toujours une seconde arnaque qui s'ajoute à la première.
Article d'information. Aucune célébrité légitime ne fait la promotion de placements financiers via des vidéos non sollicitées sur les réseaux. En cas de doute, contactez l'AMF ou la plateforme officielle Épargne Info Service. Source : Capital, mai 2026.
4 commentaires
Mon père de 78 ans a failli envoyer 5 000 € sur un truc avec Bernard Tapie en deepfake. C'est terrible le niveau de réalisme aujourd'hui.
La règle simple : aucun rendement > 5 % par an n'est garanti. Si on te promet plus, c'est une arnaque.
Mon conseiller bancaire m'a sauvé un jour, refus de faire le virement. Ils sont parfois utiles ces fameux conseillers.
La liste noire AMF est vraiment utile, je la consulte régulièrement avant tout investissement.
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