Travailler un jour férié : droits du salarié et majoration de salaire
Basé sur le Code du travail et les règles en vigueur en 2025-2026. Les conventions collectives peuvent prévoir des dispositions plus favorables.
En France, il existe 11 jours fériés légaux par an. Mais sont-ils tous obligatoirement chômés ? Un employeur peut-il vous demander de travailler un 1er Mai ? Et si oui, avez-vous droit à une majoration ? Voici ce que dit la loi.
Les 11 jours fériés légaux
- 1er janvier (Jour de l'An)
- Lundi de Pâques
- 1er Mai (Fête du Travail)
- 8 Mai (Victoire 1945)
- Ascension
- Lundi de Pentecôte
- 14 Juillet (Fête Nationale)
- 15 Août (Assomption)
- 1er Novembre (Toussaint)
- 11 Novembre (Armistice)
- 25 Décembre (Noël)
Le 1er Mai : le seul jour obligatoirement chômé et payé
Le 1er Mai est le seul jour férié légalement chômé et payé pour tous les salariés, quelle que soit leur ancienneté ou leur contrat. Refuser de travailler ce jour-là ne peut pas être sanctionné ni entraîner de perte de salaire.
Les autres jours fériés (11 novembre, 14 juillet, etc.) ne sont obligatoirement chômés que si la convention collective ou un accord d'entreprise le prévoit. En l'absence de disposition, l'employeur peut imposer de travailler ces jours.
Majoration pour travail un jour férié
La loi ne prévoit pas de majoration obligatoire pour le travail un jour férié (sauf le 1er Mai). C'est la convention collective qui s'applique. Dans la plupart des secteurs, les majorations varient entre 25 % et 100 % du salaire horaire, parfois accompagnées d'un repos compensateur.
Exception notable : le 1er Mai travaillé donne droit à une majoration de 100 % du salaire habituel (doublement de la rémunération), en plus du salaire de base. Cette règle est d'ordre public — aucun accord ne peut y déroger à la baisse.
Cas particuliers
Les entreprises autorisées à faire travailler le 1er Mai
Certaines activités ne peuvent pas s'arrêter : hôpitaux, pharmacies, transports, hôtellerie-restauration, forces de l'ordre, boulangeries, etc. Les salariés de ces secteurs peuvent être contraints de travailler le 1er Mai, mais bénéficient du doublement de salaire.
Les salariés à temps partiel
Un salarié à temps partiel dont le contrat ne prévoit pas de travail le jour du férié ne peut pas être contraint de venir. S'il vient, il perçoit le double de sa rémunération habituelle (pour le 1er Mai) ou ce que prévoit la convention collective pour les autres jours fériés.
Le Lundi de Pentecôte et la journée de solidarité
Depuis 2004, le lundi de Pentecôte est la journée de solidarité dans la plupart des entreprises. Les salariés travaillent sans rémunération supplémentaire pour financer l'autonomie des personnes âgées et handicapées. Certains accords d'entreprise fixent un autre jour pour cette journée.
Ce que doit faire l'employeur
L'employeur doit respecter les dispositions de la convention collective applicable à son secteur. En cas de doute, le salarié peut consulter sa convention collective sur legifrance.gouv.fr ou contacter l'inspection du travail.
Source : Code du travail, articles L3133-1 à L3133-6. Pour calculer votre salaire net selon vos heures travaillées : Calculateur brut/net.
4 commentaires
Super synthèse, je l'envoie à mes collègues qui ne savaient pas que seul le 1er mai est obligatoirement chômé.
En forfait jours les jours fériés tombant un jour non travaillé sont perdus, c'est le principe du forfait. Certaines conventions collectives prévoient une compensation — faut vérifier la tienne.
Et pour les salariés en forfait jours, les jours fériés comptent comment ?
Je travaille dans la restauration, on nous a toujours dit que le doublement le 1er mai c'est automatique — bon à savoir que c'est bien dans la loi.
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