Karine, 41 ans : divorce, garde alternée, et la question du rachat de la maison
Karine a 41 ans, infirmière, deux enfants de 10 et 13 ans. Après 16 ans de mariage, elle divorce d'Éric, cadre dans l'industrie. Les enfants seront en résidence alternée, une semaine sur deux chez chacun. Reste la maison, achetée ensemble, et une question qui revient à chaque rendez-vous chez l'avocate : Karine peut-elle la garder ?
Deux revenus très différents
- Karine, 2 900 € brut non-cadre : 2 273,88 € net social, 2 356,51 € net imposable par mois
- Éric, 4 600 € brut cadre : 3 593,90 € net social, 3 724,97 € net imposable par mois
Écart de revenus : environ 1 320 €/mois, soit 15 840 €/an. C'est cet écart qui sert de base à la prestation compensatoire.
La prestation compensatoire
Elle compense la disparité de niveau de vie créée par la rupture. Faute de barème légal, le calculateur de prestation compensatoire croise deux méthodes de praticiens, pour 16 ans de mariage :
- Méthode du tiers : (15 840 € ÷ 3) × (16 ÷ 2) = 42 240 €
- Méthode 20 % × 8 : 15 840 € × 8 × 20 % = 25 344 €
Une fourchette large — l'écart entre méthodes dépasse souvent 30 à 40 %. Karine et Éric s'accordent sur un capital de 34 000 €, versé par Éric.
La contribution à l'entretien des enfants
En résidence alternée, il n'y a pas toujours de pension, mais une contribution reste due quand les revenus sont déséquilibrés. Appliquée aux revenus d'Éric, la table de référence du ministère de la Justice (via le calculateur de pension alimentaire) donne 229,50 € par enfant, soit 459 €/mois. Le couple retient 450 €/mois, versés par Éric à Karine.
Le nouveau quotient familial de Karine
Le calculateur de quotient familial, pour un parent célibataire, deux enfants en résidence alternée :
- 1 part de base + 0,5 part pour les deux enfants (0,25 chacun, alternée) + 0,5 part de parent isolé
- Total : 2 parts
L'impôt, sur un seul revenu
Karine déclare 28 278 € de salaire net imposable et 5 400 € de contribution reçue sur l'année. Le simulateur d'impôt, à 2 parts, abattement de 10 % :
- Revenu net imposable : 30 310 €
- Impôt : environ 805 €, soit 67 €/mois, tranche marginale 11 %
Garder la maison : le mur du taux d'endettement
La maison est estimée 285 000 €, avec 66 000 € de capital restant dû sur le prêt commun (6 ans, 1,4 %). Valeur nette : 219 000 €, soit 109 500 € pour chacun. Le partage supporte un droit de partage de 1,1 %, environ 2 409 €.
Pour garder la maison, Karine doit reprendre seule le prêt existant — 956 €/mois d'après le simulateur de prêt — et racheter la part d'Éric. La soulte de 109 500 € est ramenée à environ 75 500 € après imputation de la prestation compensatoire de 34 000 € qu'Éric lui doit. Ce complément financé sur 20 ans à 3,4 % ajoute 434 €/mois.
Le calculateur de taux d'endettement, sur ses revenus de 2 724 €/mois (net + contribution) :
- Prêt existant seul : 35,0 % — déjà à la limite
- Avec le prêt de soulte : 50,9 % — « trop élevé »
Vendre : repartir sans dette et garder sa capacité d'emprunt
En vendant la maison, chacun récupère environ 107 000 € (part nette moins la moitié du droit de partage et les frais de vente). Karine loue, sans crédit immobilier. Le calculateur de capacité d'emprunt, sur 2 724 €/mois et 22 ans à 3,4 %, lui laisse alors :
- Mensualité maximale : 953 €/mois
- Capacité d'emprunt : ≈ 177 000 €
Avec un apport de 107 000 €, cela ouvre un budget d'achat autour de 270 000 € — largement de quoi acheter plus petit, sans mettre son budget sous tension.
Ce qu'il faut retenir
- Écart de revenus de 1 320 €/mois : prestation compensatoire estimée entre 25 344 € et 42 240 €
- Garde alternée : contribution de 450 €/mois versée par le parent le mieux rémunéré
- Karine passe à 2 parts fiscales ; impôt d'environ 805 €/an
- Garder la maison seule ferait grimper son taux d'endettement à 50,9 % : intenable
- En vendant, elle récupère ~107 000 € et conserve 177 000 € de capacité d'emprunt pour un achat plus modeste
Cas pratique à titre indicatif, construit avec des paramètres réalistes mais fictifs. Chaque montant a été obtenu en renseignant les mêmes valeurs dans les calculateurs du site. La prestation compensatoire n'a pas de barème officiel : les méthodes utilisées ne sont ni opposables ni certifiées. La page séparation et divorce regroupe les outils utiles. Pour une situation réelle, un avocat en droit de la famille et un notaire restent nécessaires.
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