Stéphane, 51 ans : licencié avec une transaction, 129 jours avant la première allocation chômage
Stéphane a 51 ans. Responsable d'entrepôt dans une PME de négoce, non-cadre, il gagne 3 500 € brut par mois et compte 16 ans et 4 mois d'ancienneté. Mi-octobre 2026, il reçoit sa lettre de licenciement pour motif personnel. L'employeur le dispense de préavis et, pour éviter un contentieux, lui propose une indemnité transactionnelle de 12 000 €. Le contrat prend fin le 16 décembre 2026. Reste une question que Stéphane n'avait pas anticipée : à quelle date France Travail commencera-t-il à l'indemniser ?
Le point de départ : son salaire net
Le simulateur de salaire brut-net, pour 3 500 € brut mensuels en statut non-cadre :
- Net avant impôt : 2 744,34 €/mois
- Net imposable : 2 844,07 €/mois
C'est ce montant qui sert de repère pour mesurer la baisse de revenus à venir.
L'indemnité légale de licenciement
Le calculateur d'indemnité de licenciement, avec 3 500 € de salaire de référence et 16 ans et 4 mois d'ancienneté :
- 10 premières années × 1/4 de mois : 8 750 €
- 6,33 années suivantes × 1/3 de mois : 7 389 €
- Indemnité légale : 16 139 €, exonérée d'impôt sur le revenu en totalité
C'est le plancher fixé par le Code du travail. Si la convention collective prévoit un montant supérieur, c'est lui qui s'applique — la référence figure en haut du bulletin de paie.
Le préavis dispensé
Stéphane ne travaille pas son préavis, mais il est payé comme s'il l'avait fait. Le calculateur d'indemnité compensatrice de préavis, pour un licenciement, un non-cadre et plus de 2 ans d'ancienneté :
- Durée du préavis : 2 mois (minimum légal)
- Indemnité compensatrice : 7 000 € brut
Cette somme est un salaire : cotisations sociales et prélèvement à la source s'appliquent. Sur la base du net mensuel calculé plus haut, cela représente environ 5 489 € net avant impôt. La dispense ne change pas la date de fin du contrat, qui reste fixée au terme du préavis : le 16 décembre 2026.
Le solde de congés payés
Il lui reste 12,5 jours ouvrables de congés acquis et non pris, l'équivalent de 5 mois d'acquisition. Le calculateur de congés payés compare les deux méthodes :
- Méthode du 1/10e : 1 750,00 €
- Maintien de salaire : 1 682,69 €
- Indemnité retenue, la plus favorable : 1 750 € brut
Le différé : 129 jours sans allocation
France Travail n'indemnise pas dès le lendemain de la fin du contrat. Trois délais s'additionnent, et deux d'entre eux dépendent directement des sommes touchées au départ. Le calculateur de différé d'indemnisation, avec 1 750 € de congés payés, 12 000 € d'indemnité au-delà du minimum légal, un salaire journalier de référence de 115,06 € et une fin de contrat au 16 décembre 2026 :
- Différé congés payés (1 750 € ÷ 115,06 €) : 15 jours
- Différé spécifique (12 000 € ÷ 111,8) : 107 jours
- Délai d'attente : 7 jours
- Report total : 129 jours, soit une indemnisation à compter du 24 avril 2027
L'indemnité transactionnelle est une somme versée en échange de l'engagement écrit de Stéphane de ne pas contester son licenciement devant le conseil de prud'hommes. Comme elle s'ajoute à ce que la loi impose, France Travail considère qu'elle lui permet de vivre un certain temps et la convertit en jours d'attente : c'est ce qu'on appelle le différé « spécifique ».
L'indemnité légale de 16 139 € ne compte pas dans ce calcul : seules les sommes versées en plus du minimum légal déclenchent le différé spécifique. Sans la transaction, le même calcul donne 22 jours de report et un début d'indemnisation le 7 janvier 2027.
L'allocation, une fois le différé passé
Le simulateur ARE, pour 3 500 € brut de salaire mensuel moyen, 196 mois d'ancienneté et 51 ans :
- Salaire journalier de référence : 115,06 €
- ARE journalière : 65,58 €
- ARE mensuelle estimée : 1 995 €, soit 57 % du salaire brut
- Durée d'indemnisation : 18 mois (plafond avant 53 ans)
Le budget, avant et après
Stéphane a 1 940 € de dépenses mensuelles : 780 € de crédit immobilier et charges, 160 € d'énergie, 480 € d'alimentation, 230 € de transport, 140 € d'assurances, 150 € de loisirs. Le calculateur de budget mensuel compare les deux situations :
- Avec son salaire (2 744 €) : reste à vivre de 804 €/mois, budget « confortable », taux d'épargne possible de 29,3 %
- Avec l'ARE (1 995 €) : reste à vivre de 55 €/mois, budget « tendu », logement à 39,1 % des revenus
Entre le 16 décembre 2026 et le 24 avril 2027, aucun revenu ne rentre. À 1 940 € de dépenses par mois, ces 129 jours représentent environ 8 200 € à financer sur les indemnités de départ, avant même que l'allocation ne prenne le relais.
Ce qu'il faut retenir
- 16 ans et 4 mois à 3 500 € brut : 16 139 € d'indemnité légale de licenciement, exonérée d'impôt
- Préavis dispensé : 7 000 € brut d'indemnité compensatrice, traitée comme un salaire
- 12,5 jours de congés non pris : 1 750 € brut, qui génèrent 15 jours de différé
- Transaction de 12 000 € : 107 jours de différé spécifique — premier jour indemnisé le 24 avril 2027 au lieu du 7 janvier
- ARE estimée à 1 995 €/mois pendant 18 mois : le reste à vivre passe de 804 € à 55 € par mois
Cas pratique à titre indicatif, construit avec des paramètres réalistes mais fictifs. Chaque montant a été obtenu en renseignant les mêmes valeurs dans les calculateurs du site (indemnité légale du Code du travail, règles d'assurance chômage en vigueur en 2026). Le régime fiscal et social de l'indemnité transactionnelle n'est pas chiffré ici — voir l'article sur le plafond d'exonération des indemnités de rupture. La page chômage et transition regroupe les outils utiles à cette période. France Travail calcule les différés au jour près à partir de l'attestation employeur : francetravail.fr.
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