Toutes les actualités

Indemnités de rupture : un plafond d'exonération à 48 060 € dans le budget 2027

Indemnités de rupture : un plafond d'exonération à 48 060 € dans le budget 2027

Le projet de budget 2027 prévoit de soumettre à l'impôt sur le revenu la part des indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle et de mise à la retraite qui dépasse 48 060 euros. Le plafond d'exonération actuel peut atteindre 288 360 euros. Le texte n'est pas encore voté.

Ce que prévoit le projet de loi de finances

Selon Actu.fr, le projet de loi de finances pour 2027 instaure un plafond unique d'exonération d'impôt sur le revenu pour les indemnités de fin de contrat. Son montant correspond au plafond annuel de la sécurité sociale (PASS), soit 48 060 euros en 2026. En dessous, l'indemnité resterait exonérée. Au-delà, seule la fraction excédentaire entrerait dans le revenu imposable.

La règle serait identique pour un licenciement, une rupture conventionnelle ou une mise à la retraite, c'est-à-dire lorsque l'employeur met fin au contrat d'un salarié ayant atteint l'âge requis. Le gouvernement en attend 820 millions d'euros de recettes, d'après un chiffre de BFMTV repris par Actu.fr.

48 060 €plafond d'exonération envisagé (1 PASS, valeur 2026)
288 360 €plafond actuel pour un licenciement ou une rupture conventionnelle
5 %des salariés concernés, selon le gouvernement

Les règles en vigueur aujourd'hui

D'après service-public.gouv.fr, l'indemnité de licenciement est exonérée en totalité à hauteur du montant fixé par la loi ou la convention collective. Lorsque la somme versée est supérieure, l'exonération est limitée au plus élevé de ces deux montants :

  • le double de la rémunération brute annuelle perçue l'année civile précédant la rupture ;
  • la moitié de l'indemnité perçue.

Dans ce cas, l'exonération ne peut pas dépasser 288 360 euros pour les indemnités versées en 2026. L'indemnité de rupture conventionnelle suit les mêmes règles, à condition que le salarié ne soit pas en droit de bénéficier d'une pension de retraite. Pour une mise à la retraite, le maximum est de 240 300 euros en 2026.

Exemple chiffré Service-public.gouv.fr prend le cas d'une indemnité de licenciement de 120 000 €, dont 70 000 € prévus par la convention collective, pour un salarié rémunéré 40 000 € brut par an. Aujourd'hui, 80 000 € sont exonérés et 40 000 € imposables. Avec un plafond unique de 48 060 €, la part imposable passerait à 71 940 € (120 000 − 48 060).

Qui serait concerné

Le gouvernement indique que la mesure « ne concernera que 5 % des salariés les mieux rémunérés » et sera « sans effet sur 95 % des salariés, dont l'indemnité demeurera intégralement exonérée » d'impôt sur le revenu. Il juge le régime actuel « favorable aux salariés les mieux rémunérés ».

En pratique, une indemnité inférieure à 48 060 euros ne changerait pas de traitement. Les indemnités les plus élevées se rencontrent surtout chez les cadres disposant d'une longue ancienneté ou ayant négocié un montant supérieur au minimum légal. Les simulateurs d'indemnités de licenciement et de rupture conventionnelle donnent le montant minimal selon le salaire et l'ancienneté.

Un volet cotisations sociales en parallèle

Selon une analyse publiée le 8 octobre par le cabinet Delsol Avocats, le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 contient une mesure du même ordre. L'exonération de cotisations sociales, aujourd'hui limitée à deux PASS (96 120 euros en 2026), serait ramenée à un PASS, tout comme celle de CSG-CRDS. Ce volet viserait les ruptures prenant effet à partir du 1er janvier 2027.

Attention La date d'application du volet fiscal n'est pas précisée dans le projet, relève la même analyse : en l'état, les indemnités perçues en 2026 pourraient être concernées. Ce point peut évoluer pendant l'examen du texte au Parlement.

Un texte encore en discussion

Le budget 2027 n'est pas adopté. D'après Capital, la commission des finances de l'Assemblée nationale a rejeté le 9 octobre la première partie du projet de loi de finances, consacrée aux recettes. Le texte doit encore être examiné en séance publique, puis par le Sénat. La mesure peut donc être modifiée, reportée ou supprimée.

C'est la deuxième évolution touchant les ruptures conventionnelles en quelques semaines : depuis le 1er septembre 2026, la durée maximale d'indemnisation chômage après une rupture conventionnelle est passée de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans. Le parcours perte d'emploi et transition professionnelle regroupe les outils utiles pour chiffrer une fin de contrat.

Ce qu'il faut retenir

  • Le projet de budget 2027 prévoit un plafond unique d'exonération d'impôt de 48 060 € (valeur 2026) pour les indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle et de mise à la retraite
  • Seule la part de l'indemnité dépassant ce plafond deviendrait imposable
  • Aujourd'hui, l'exonération peut atteindre 288 360 € (240 300 € pour une mise à la retraite)
  • Le gouvernement estime que 5 % des salariés seraient concernés
  • Rien n'est voté : les règles actuelles s'appliquent tant qu'aucune loi n'est promulguée

Information indicative, établie à partir du projet de loi de finances pour 2027, non adopté à la date de publication (10 octobre 2026). Règles en vigueur : service-public.gouv.fr (page vérifiée le 15 avril 2026). Analyse du volet social : Delsol Avocats. Source de l'actualité : Actu.fr.

Ce contenu vous a été utile ?

Une question sur ce sujet ?

Poser une question →

Questions fréquentes

Les indemnités de rupture seront-elles toutes imposées en 2027 ?

Non. Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une exonération d'impôt sur le revenu jusqu'à un plafond annuel de la sécurité sociale, soit 48 060 euros en 2026. Seule la fraction de l'indemnité qui dépasse ce montant deviendrait imposable. Selon le gouvernement, 95 % des salariés ne seraient pas concernés.

La mesure est-elle déjà en vigueur ?

Non. Il s'agit d'un projet, inscrit dans le projet de loi de finances pour 2027 présenté début octobre 2026. Le texte doit encore être débattu et voté par le Parlement, et peut être modifié ou supprimé d'ici là. Les règles actuelles, détaillées sur service-public.gouv.fr, restent applicables tant qu'aucune loi n'est promulguée.

Quelles indemnités sont visées par le plafond unique ?

Le projet vise les indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle et de mise à la retraite décidée par l'employeur. Elles suivraient la même règle d'imposition, alors que leurs plafonds diffèrent aujourd'hui. L'indemnité de départ volontaire à la retraite, elle, est déjà imposable en totalité.

Comment est imposée aujourd'hui une indemnité de rupture conventionnelle ?

Le montant prévu par la loi ou la convention collective est exonéré en totalité. Au-delà, l'exonération est limitée au plus élevé de deux montants : le double de la rémunération brute de l'année précédente ou la moitié de l'indemnité, dans la limite de 288 360 euros en 2026. Le simulateur de rupture conventionnelle estime l'indemnité minimale.

Peut-on étaler l'impôt sur une indemnité de rupture ?

Le système du quotient peut être demandé lorsque le revenu exceptionnel dépasse la moyenne des revenus imposables des trois années précédentes. Il ne supprime pas l'impôt, mais limite l'effet de la progressivité du barème. Le simulateur d'impôt sur le revenu permet de mesurer l'effet d'un revenu supplémentaire sur la tranche d'imposition.


0 commentaire

Aucun commentaire pour l'instant.

Laisser un commentaire

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter avec votre compte.