SASU : salaire ou dividendes, comment arbitrer ?
Dirigeant de SASU, l'arbitrage entre se verser un salaire et se verser des dividendes n'a rien d'anodin : les deux circuits ne supportent ni les mêmes charges sociales, ni la même fiscalité, ni les mêmes droits (retraite, chômage, indemnités journalières). Un mauvais dosage peut coûter plusieurs milliers d'euros par an.
Deux circuits, deux fiscalités
Le président de SASU a le statut d'assimilé-salarié : un salaire qu'il se verse supporte les cotisations sociales du régime général (environ 75 à 80 % de charges cumulées employeur + salarié rapportées au net), déductibles du résultat de la société avant impôt sur les sociétés (IS). Les dividendes, eux, ne supportent aucune cotisation sociale classique mais sont prélevés sur un résultat déjà taxé à l'IS, puis imposés à leur tour entre les mains du dirigeant.
L'impôt sur les sociétés, avant tout partage
Avant toute distribution de dividendes, la société paie l'IS sur son résultat : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital), 25 % au-delà. Un salaire, à l'inverse, est une charge déductible qui réduit d'autant ce résultat imposable avant l'IS.
La fiscalité personnelle des dividendes : le PFU à 30 %
Les dividendes perçus par le dirigeant sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), sur le montant brut distribué. Une option pour le barème progressif de l'impôt reste possible si elle est plus favorable (avec abattement de 40 % sur les dividendes), notamment pour les foyers en tranche basse.
Tout en dividendes : IS à 15 % sur 60 000 € ≈ 9 000 €, reste 51 000 € distribuables, PFU 30 % ≈ 15 300 € → environ 35 700 € net perçu, mais aucun droit à la retraite ni au chômage constitué sur cette somme.
Un dosage, rarement un choix binaire
En pratique, la plupart des dirigeants combinent un salaire minimal (pour ouvrir des droits sociaux et rester dans une tranche d'IS avantageuse) et des dividendes pour le complément — le point d'équilibre dépendant du résultat de la société, de la tranche marginale d'imposition personnelle et des besoins de couverture sociale (retraite, prévoyance).
Le simulateur salaire vs dividendes compare chiffre à chiffre les deux scénarios à partir du chiffre d'affaires, des charges et de la tranche d'imposition personnelle. Pour comparer l'ensemble des statuts d'indépendant (auto-entrepreneur, EURL, SASU), voir aussi le comparateur de statuts, et l'exemple chiffré du cas pratique Théo, dirigeant de SASU.
Ce qu'il faut retenir
- Le salaire supporte des charges sociales mais ouvre des droits (retraite, IJ, chômage) et réduit le résultat imposable à l'IS
- Les dividendes échappent aux cotisations sociales mais sont prélevés sur un résultat déjà taxé à l'IS (15 % ou 25 %), puis au PFU de 30 %
- Un dividende versé sans aucun salaire ne constitue aucun droit social
- La plupart des dirigeants combinent un salaire minimal et des dividendes pour le complément
Taux d'IS et PFU en vigueur en 2026 (article 219 du CGI pour l'IS, article 200 A pour le PFU). Simulation simplifiée à but pédagogique — ne prend pas en compte les spécificités d'une comptabilité réelle (charges déductibles, amortissements…). Pour un montage précis, un expert-comptable reste recommandé.
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