AGIRC-ARRCO : le système de points de retraite
Pour un salarié du privé, la retraite se joue en deux étages : la retraite de base de l'Assurance retraite, calculée sur les 25 meilleures années, et la retraite complémentaire AGIRC-ARRCO, qui fonctionne selon une logique totalement différente — un système de points, où chaque euro cotisé achète des droits conservés à vie. Cet étage représente souvent 30 à 60 % de la pension totale d'un cadre : comprendre sa mécanique, c'est comprendre une bonne moitié de sa future retraite.
Un régime unique, par points, obligatoire
Depuis la fusion de l'AGIRC (cadres) et de l'ARRCO (tous salariés) au 1er janvier 2019, il n'existe plus qu'un seul régime complémentaire pour les salariés du privé. Il est obligatoire, géré paritairement par les organisations syndicales et patronales, et fonctionne par répartition : les cotisations des actifs paient les pensions des retraités de l'année.
Sa particularité : au lieu de valider des trimestres, on accumule des points tout au long de la carrière.
Des cotisations aux points
Les cotisations se calculent sur deux tranches de salaire : la tranche 1 (jusqu'au plafond de la Sécurité sociale) et la tranche 2 (de 1 à 8 fois ce plafond). Mais toutes les cotisations ne génèrent pas de droits.
Le nombre de points acquis dans l'année se calcule ainsi : (assiette de cotisation × taux contractuel) ÷ prix d'achat du point. Le prix d'achat (aussi appelé salaire de référence) est fixé chaque année ; il est de 20,1877 € en 2026.
Des points à la pension
Au moment du départ, la pension complémentaire annuelle brute est simplement :
Nombre total de points × valeur de service du point. Pour 5 500 points : 5 500 × 1,4386 € = 7 912 € brut par an, soit environ 659 € brut par mois. La valeur de service est revalorisée en principe chaque automne ; elle est gelée pour 2026. Le calculateur retraite complémentaire convertit un nombre de points en pension estimée, et le simulateur de retraite combine base et complémentaire.
Malus supprimé, bonus maintenu
Pendant plusieurs années, un coefficient de solidarité minorait la pension complémentaire de 10 % durant 3 ans (jusqu'à 67 ans au plus tard) pour les assurés qui liquidaient leur retraite dès l'obtention du taux plein. Ce malus a été supprimé : un départ au taux plein ouvre droit à 100 % des points, sans minoration temporaire.
À l'inverse, un coefficient majorant subsiste : décaler son départ de 2, 3 ou 4 ans au-delà du taux plein augmente la pension complémentaire de 10 %, 20 % ou 30 % pendant un an.
Réversion et majorations
Au décès d'un salarié ou retraité, le conjoint survivant perçoit une pension de réversion égale à 60 % des points du défunt, dès 55 ans, sans condition de ressources — une différence majeure avec le régime de base. Elle est perdue en cas de remariage. Les ex-conjoints non remariés y ont droit au prorata des années de mariage.
Une majoration pour enfants s'ajoute : +10 % de pension pour avoir eu ou élevé au moins 3 enfants, et une majoration pour enfant encore à charge au moment du départ.
Ce qu'il faut retenir
- La complémentaire AGIRC-ARRCO fonctionne par points : les cotisations achètent des points conservés à vie.
- Points acquis = (salaire × taux contractuel) ÷ prix d'achat du point (20,1877 € en 2026).
- Pension annuelle brute = total des points × valeur de service du point (1,4386 € en 2026).
- Le malus temporaire de 10 % (coefficient de solidarité) a été supprimé ; le bonus pour départ différé subsiste.
- Réversion de 60 % des points au conjoint dès 55 ans, sans condition de ressources, perdue en cas de remariage.
Contenu à visée informative. Sources : agirc-arrco.fr — comment sont obtenus les points de retraite, service-public.fr — retraite complémentaire d'un salarié du privé. Prix d'achat et valeur de service du point fixés chaque année par les partenaires sociaux ; taux de cotisation susceptibles d'évolution.
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