Tous les cas pratiques
Cas pratique

Claire, 31 ans : auto-entrepreneur, EURL ou SASU, le choix avant de se lancer

Claire, 31 ans : auto-entrepreneur, EURL ou SASU, le choix avant de se lancer

Claire a 31 ans. Après plusieurs années en agence, elle se lance en indépendante dans le conseil en communication, avec un chiffre d'affaires prévisionnel de 55 000 € pour sa première année. Reste à choisir un statut : auto-entrepreneur, EURL, ou SASU ? Elle a voulu chiffrer chaque option avant de trancher.

31 900 €net annuel estimé en auto-entrepreneur
37 500 €seuil de franchise TVA (services), déjà dépassé
12 285 €d'écart de net entre le meilleur et le moins bon statut

Comparer les trois statuts sur son chiffre d'affaires prévisionnel

Avec 55 000 € de CA, 4 000 € de charges professionnelles (pour EURL et SASU uniquement, le régime micro fonctionnant au forfait), une TMI de 30 % et une activité de services, le comparateur de statuts donne :

  • Auto-entrepreneur : cotisations 12 210 €, impôt sur le revenu 10 890 €, net 31 900 €
  • EURL (IS, TNS) : cotisations 15 085 €, impôt sur le revenu 10 775 €, net 25 141 €
  • SASU (IS, assimilé salarié) : cotisations 22 978 €, impôt sur le revenu 8 407 €, net 19 615 €
Exemple chiffré Entre le statut le plus avantageux (auto-entrepreneur, 31 900 €) et le moins avantageux (SASU, 19 615 €), l'écart atteint 12 285 € de net sur l'année — pour le même chiffre d'affaires. La comparaison suppose une SASU qui verse tout son résultat en salaire, sans dividendes.

Le détail du régime auto-entrepreneur

Sur son CA de 55 000 € en services (BNC), le simulateur auto-entrepreneur détaille :

  • Cotisations sociales (24,60 % du CA) : 13 530 €/an
  • Contribution formation professionnelle (0,20 %) : 110 €/an
  • Revenu net estimé, avant impôt sur le revenu : 41 360 €/an

C'est une fois l'impôt sur le revenu déduit (calculé par le comparateur ci-dessus, à sa TMI de 30 %) que ce montant redescend à 31 900 € nets.

Le piège qu'elle avait sous-estimé : la TVA

Le seuil de franchise en base de TVA pour une activité de services est de 37 500 € en 2026. Avec 55 000 € de CA prévisionnel, Claire le dépasse dès sa première année : elle devra facturer la TVA à ses clients. Le calculateur de TVA illustre l'effet sur une facture :

Attention Une prestation facturée 1 000 € HT devient 1 200 € TTC (TVA à 20 %). Le montant collecté n'est pas un revenu pour Claire — elle doit le reverser à l'État — mais l'obligation de facturer, déclarer et reverser la TVA s'applique dès le dépassement du seuil, quel que soit le statut choisi (y compris en auto-entrepreneur).

Et si elle veut grandir : le cas de l'embauche

Claire envisage, à terme, de s'associer une assistante. Seule une société (EURL, SASU) permet d'embaucher dans de bonnes conditions. Le calculateur de charges patronales, pour un salaire brut de 2 000 € par mois, non-cadre, dans une entreprise de moins de 50 salariés, calcule :

  • Charges patronales : 694,80 € par mois
  • Coût total employeur : 2 694,80 € par mois
  • Ratio coût / brut : 134,7 %

Ce que Claire retient

Pour sa première année, en solo, l'auto-entrepreneuriat reste le statut le plus avantageux en net — à condition d'anticiper l'obligation de TVA dès le démarrage. Si son activité se développe au point de vouloir embaucher ou lever des fonds, la SASU redeviendra pertinente malgré son net plus faible aujourd'hui, pour sa protection sociale et sa capacité à grandir.

Ce qu'il faut retenir

  • À CA équivalent, l'auto-entrepreneuriat offre souvent le meilleur net grâce à sa fiscalité forfaitaire
  • Le seuil de franchise TVA (37 500 € en services) s'applique quel que soit le statut choisi
  • La SASU offre une meilleure protection sociale et permet d'embaucher, au prix d'un net individuel plus faible
  • Le choix de statut n'est pas figé : il peut évoluer avec la croissance de l'activité

Cas pratique à titre indicatif, construit avec des paramètres réalistes mais fictifs. Chaque montant a été obtenu en renseignant les mêmes valeurs dans les calculateurs du site (barèmes 2025-2026 en vigueur). Cette comparaison est simplifiée : elle ne tient pas compte des frais comptables, du versement de dividendes, ni des spécificités de transmission — reproduisez les étapes avec votre propre situation sur la page dédiée aux indépendants. Un expert-comptable reste indispensable avant toute immatriculation.

Ce contenu vous a été utile ?

Une question sur ce sujet ?

Poser une question →

Questions fréquentes

Quel statut donne le meilleur revenu net pour un freelance en début d'activité ?

Cela dépend du chiffre d'affaires et des charges, mais l'auto-entrepreneuriat reste souvent le plus avantageux en net grâce à sa fiscalité forfaitaire simplifiée. Pour Claire (55 000 € de CA, TMI 30 %), le comparateur de statuts calcule un net annuel de 31 900 € en auto-entrepreneur, contre 25 141 € en EURL et 19 615 € en SASU.

Comment calcule-t-on le revenu net d'un auto-entrepreneur ?

Le simulateur auto-entrepreneur applique un taux de cotisations forfaitaire sur le CA (24,60 % pour les services BNC) plus la contribution à la formation professionnelle (0,20 %). Sur 55 000 € de CA, cela laisse un revenu net avant impôt sur le revenu de 41 360 €.

Un auto-entrepreneur doit-il facturer la TVA ?

Au-delà de 37 500 € de chiffre d'affaires annuel pour une activité de services (85 000 € pour la vente), la franchise en base de TVA ne s'applique plus : il faut facturer, collecter et reverser la TVA. Le calculateur de TVA montre qu'une prestation à 1 000 € HT devient 1 200 € TTC à 20 % — Claire, avec 55 000 € de CA, dépasse ce seuil dès sa première année.

Pourquoi choisir une SASU plutôt qu'un statut d'auto-entrepreneur ?

La SASU permet de déduire de vraies charges professionnelles, d'être assimilé salarié (meilleure protection sociale), et surtout de pouvoir embaucher. Le calculateur de charges patronales montre le coût réel d'un premier salarié : pour un brut de 2 000 €/mois, le coût total employeur atteint 2 694,80 €, soit un ratio de 134,7 %.

Peut-on changer de statut une fois lancé en auto-entrepreneur ?

Oui, il est possible de basculer vers une EURL ou une SASU à tout moment, mais l'opération implique une immatriculation, souvent un accompagnement comptable, et une rupture de continuité administrative. Pour un dirigeant déjà en SASU qui arbitre entre salaire et dividendes, voir le cas pratique Théo, 34 ans, dirigeant de SASU.


0 commentaire

Aucun commentaire pour l'instant.

Laisser un commentaire

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter avec votre compte.