Crise des SCPI : le bilan en chiffres, entre baisses de prix et signes de reprise
Longtemps présentées comme un placement stable et régulier, les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) traversent depuis plusieurs années une crise de valorisation qui a piégé des milliers d'épargnants. Bilan chiffré d'une crise qui semble aujourd'hui se stabiliser, sans être totalement terminée.
36 SCPI touchées par une baisse du prix des parts
Au 12 août 2026, 36 SCPI ont vu le prix de leur part baisser depuis le début de la crise. Le cas le plus emblématique reste celui de Primopierre, gérée par Praemia REIM : sa part est passée de 208 € à 115 €, soit une chute de 45 %, effaçant en une fois plusieurs années de rendement pour les porteurs de parts. Le rythme des baisses s'est toutefois nettement ralenti au cours de l'année 2026 par rapport aux vagues précédentes.
Une crise déclenchée par la hausse des taux
À l'origine de ces baisses : la remontée des taux d'intérêt, qui a mécaniquement fait chuter la valeur des actifs immobiliers détenus par les SCPI, notamment les bureaux. Les sociétés de gestion ont dû revaloriser à la baisse le prix de leurs parts pour refléter la valeur réelle et actualisée du patrimoine, un exercice obligatoire encadré par des expertises immobilières régulières.
Des épargnants parfois bloqués à la revente
Au-delà de la baisse de valorisation, la crise a aussi eu un effet de liquidité : fin 2025, 2,79 milliards d'euros de parts étaient en attente de retrait, soit 3,14 % de la capitalisation totale du marché SCPI (89,1 milliards d'euros). Concrètement, des épargnants souhaitant revendre leurs parts n'ont pas toujours trouvé d'acheteur immédiat, faute de collecte suffisante pour absorber les demandes de sortie.
Des signes de stabilisation en 2026
Malgré ce contexte, la collecte nette sur les SCPI a rebondi : +29 % en 2025 (4,6 milliards d'euros collectés), puis +10,1 % au premier trimestre 2026. Ce regain de confiance, combiné au ralentissement des baisses de prix, suggère que le marché entame une phase de stabilisation — sans que l'on puisse parler d'un retour complet à la normale pour toutes les SCPI concernées.
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Ce qu'il faut retenir
- 36 SCPI ont vu le prix de leur part baisser depuis le début de la crise, dont Primopierre (-45 %, de 208 € à 115 €)
- La hausse des taux d'intérêt a fait chuter la valeur des actifs immobiliers détenus, entraînant une revalorisation à la baisse des parts
- Fin 2025, 2,79 milliards d'euros de parts étaient en attente de retrait, faute d'acheteur suffisant
- La collecte nette repart (+29 % en 2025, +10,1 % au T1 2026), signe d'une stabilisation progressive du marché
Résultat indicatif. Chiffres de marché arrêtés à des dates variables selon les indicateurs (12 août 2026 pour le nombre de SCPI en baisse, 31 décembre 2025 pour les parts en attente de retrait). Source : Le Revenu, août 2026.
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